Circulation des motos sans plaque à Lomé/ Les corps habillés donnent le mauvais exemple

La non-immatriculation des engins automobiles au Togo est punie par la loi. Tout citoyen togolais a le devoir d’immatriculer sa moto ou voiture, avant sa mise en circulation. Et le contrôle de cette loi est assuré par les forces de sécurité. Mais, malheureusement, ces dernières, chargées de faire respecter cette loi dans le pays, en donnent plutôt le mauvais exemple. Il est courant de voir certaines d’entre elles circuler avec des motos non immatriculées, communément appelées motos sans plaques. Ceci, avec souvent la complicité de leur camarades de la police routière.
Voir un corps habillé sur moto sans plaque circuler sans gène est monnaie courante dans la capitale togolaise. Et un fait qui s’est produit ce 6 novembre sous nos yeux sur le boulevard Gnassingbé Eyadema en témoigne.
En effet, aux feux tricolores de l’entrée principale de l’Université de Lomé, sur le boulevard Général Gnassingbé Eyadema. Deux policiers (un monsieur et une dame) assurant la sécurité routière à cette intersection ont intercepté un conducteur de moto de marque Sanya pour avoir mis en circulation un engin non immatriculé ; ce qui est plus que normal. Malgré les tentatives du malheureux conducteur à prouver sa propriété sur la moto avec le reçu d’achat, les agents de sécurité n’ont pas voulu se faire avoir. Et c’est lorsque la dame s’est aperçu que le conducteur, au lieu de serrer, est toujours sur la chaussée, tentant de s’expliquer à son collègue, qu’elle a déclaré : « On te dit de serrer et tu attends quoi à t’exécuter ? ». Toutefois, le paradoxe est que lorsqu’un autre engin à deux roues, non immatriculé comme le premier, est arrivé à leur niveau, ils l’ont laissé passer ; juste parce que celui le conduisait est l’un des leurs ou encore un collègue à eux.
Ce fait est exemple parmi tant d’autres rencontrés chaque jour sur nos voies. Certains corps habillés donnent le mauvais exemple en sillonnant avec des engins non immatriculés. Et rien ne leur dit. Au contraire, avec la complicité de leurs camarades de police routière, ces derniers se sentent à l’aise et effrayent les pauvres citoyens qui osent en parler.
Selon l’alinéa 3 de l’article 11 de la Constitution togolaise, « Nul ne peut être favorisé ou désavantagé en raison de son origine familiale, ethnique ou régionale, de sa situation économique ou sociale, de ses convictions politiques, religieuses, philosophiques ou autres ». Mais, avec ce phénomène auquel l’opinion assiste chaque jour sur nos routes, tout laisse croire que pour nos forces de l’ordre et de sécurité, il y a clairement différence de droit entre un civil et un corps habillé. Ce qui est grave et est considéré comme une forme violation des droits des citoyens. Et cela doit interpeller nos autorités en charge de la sécurité, surtout routière dans notre pays. Il faut que tout le monde sache que « nul n’est au dessus de la loi ». La loi c’est loi et tout le monde est tenu de la respecter. Et ça, il faut que les agents de sécurité déployés sur le terrain le comprennent. D’ailleurs, en leur qualité de forces de sécurité dans le pays, ils sont appelés à être les premiers modèles. S’ils savent que la circulation avec un engin non immatriculé est punie par la loi, cela doit être aussi applicable à leurs camarades qui circulent librement dans la capitale togolaise. « La charité bien ordonnée commence par soi-même », dit-on.
R.D
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