Jeunes Togolais de plus en plus accros du métier de pousse-pousse

Article : Jeunes Togolais de plus en plus accros du métier de pousse-pousse
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27 septembre 2012

Jeunes Togolais de plus en plus accros du métier de pousse-pousse

Un jeune pousse-pousseur en plein travail

Djigbodi, un jeune de 20 ans, déjà sur pieds à 7h dans le marché d’Adawlato, installe bien son pousse-pousse à coté d’un immeuble. Malgré la faible animation matinale du marché, il prend son mal à la patience et attend que les choses reprennent pour lancer sa quête de clients de la journée. Voilà l’un des métiers qui occupe de nombreux jeunes Togolais aujourd’hui. Communément appelés pousse-pousseurs et dans la langue locale, « Kékévito ou Agomayi », ils sont partout dans les marchés de la ville de Lomé pour le transport des tonnes de marchandises par jour. Ceci, dans des conditions de vie et de travail déplorables.

« Ago…ago…ago…». C’est le fameux cri des pousse-pousseurs qu’on entend dans les marchés, lorsqu’ils cherchent désespérément à se frayer un passage dans la foule, pour se rendre plus vite à la destination des marchandises. Fabriqué à  l’artisanal, et composé d’un caisson en fer forgé, des barres de traction à l’avant et à l’arrière, deux roues de voiture pour supporter le tout, le pousse-pousse est devenu l’un des moyens de transport de marchandises le plus utilisé. C’est l’un des métiers qui occupe une certaine catégorie de personnes de la couche sociale. Il s’agit souvent des jeunes sans qualification ou plutôt qualifiés sans emploi, des jeunes démunies et aussi certains élèves pauvres, qui le font surtout pendant les vacances, pour se payer leurs études.  En outre, son exercice devient de plus en plus intense à cause du phénomène de la vie chère et de pauvreté grandissante qui prévalent dans le pays. Selon un jeune élève qui pratique ce métier et qui a requis l’anonymat, c’est la triste réalité en ce qui concerne l’exercice du métier par certains élèves et son cas en est l’exemple. « Je suis jeune élève et cette année je monte en classe de 4e. Mes  parents n’ont pas les  moyens pour payer mes études. Donc, je me suis lancé dans ce  métier quand j’étais au CM2. Je le fais pendant les vacances et les week-ends, afin de me payer les études, car je  ne veux pas les abandonner. La pauvreté nous enchaînent, mais moi je me bats avec ce métier et je m’en sorts pas mal », a-t-il confié

Difficultés rencontrées dans le métier

Pour la majorité de ceux qui exercent le métier de pousse-pousseurs,  le travail n’est pas facile. D’abord, il demande assez d’effort physique et aussi présente beaucoup de difficultés. Selon  Kossi, un jeune pousse-pousseur rencontré à « Assigamé », le grand marché de Lomé, l’activité est très pénible. « Nous dépensons de l’énergie, car c’est un métier qui exige une force physique. C’est ce qui explique le travail en équipe. Il est plus difficile pour ceux qui le font souvent seul.  Nous formons généralement des groupes, soit de deux personnes ou plus, afin de transporter plus vite les marchandises de nos clients. Cela ne nous épargne pas des maladies surtout le paludisme », explique-t-il

En dehors du caractère pénible du métier, il est noté le problème de rentabilité de ce dernier. Pour Paul, qui est dans ce métier depuis 5ans, « le revenu de l’activité varie et repose sur l’effort fourni. Le prix se fixe souvent selon le poids et le lieu de destination des marchandises. De plus, La plupart des pousse-pousseurs ne possèdent pas leur propre pousse-pousse. Ils les louent généralement à 500F payable à la fin de la journée, après le travail. Mais, dès fois, si la nature n’est pas clémente, ils ne gagnent rien à la fin de la journée. Et après avoir payé les 500F du propriétaire de pousse-pousse, ils se retrouvent avec quelques miettes seulement. A cela s’ajoute le manque de parfaite collaboration entre nous et les clients. Les discussions sur le payement tournent souvent au vinaigre. Certains clients nous trichent dans le payement. Ils refusent parfois de payer dans les normes. Par exemple,  on peut charger un bagage de 15kg dont le prix est fixé à 75F, contre 50F ». Mais, son ami Yaogan,  lui, se réjouit fièrement du bon côté du travail. « Certes, les conditions de vie et de travail sont déplorables, mais moi je me sens fier de ce métier, car il nous aide à subvenir à nos besoins.  Le petit gagne-pain de chaque jour nous est assuré. Si la journée est bonne, on gagne jusqu’à 5000F. Je vous rappelle qu’avec ce métier certaines personnes démunies, surtout les jeunes élèves, qui n’ont aucun soutien, arrivent à se payer leurs études. C’est là que je réaffirme l’adage qui dit généralement  « il n’y a aucun sot métier ». Seulement, je demande un peu d’égard et de considération envers ceux qui l’exercent », a-t-il souligné

Se penchant sur la question de considération du métier, Améwu, un autre pousse-pousseur d’à côté, affirme avec regret qu’ils sont ignorés. « Nous aussi nous jouons un grand rôle dans la société. Nous participons tous les jours à la vie  des commerçants et des consommateurs dans les marchés. Le chargement et le déchargement depuis le magasin  jusqu’au lieu de destination et vice-versa, sont à notre charge. Donc, nous avons aussi une valeur. Il faut que les gens le comprennent et nous respectent. Beaucoup ne nous considèrent pas. La preuve, si on charge et on veut passer, avant de trouver un passage, c’est un parcours de combattant. Les gens n’aiment pas nous céder de la place, même dans la rue. Il va falloir qu’on crie sans  cesse ago…ago…ago…avant d’en trouver. C’est regrettable, ce  manque de considération à notre égard », a-t-il martelé avec colère.

En effet, comme l’a souligné Améwu, le manque de considération à l’endroit de ce métier dérange beaucoup ceux qui l’exercent et selon kodjo, un autre pratiquant du métier, il affirme tout en reconnaissant leur part de responsabilité que beaucoup sont les concitoyens qui ne leur prêtent pas attention dans les marchés et dans les rues. Ils sont souvent considérés aux yeux de certains comme des vaut rien.  « Certes, parfois, certains d’entre nous aussi posent certains actes qui nous font perdre d’estime que les autres ont pour nous. Par exemple, le vol de marchandises des clients. Nous avons besoin du respect, car notre travail aussi joue un grand rôle dans la société. C’est la pauvreté qui amène les gens à embrasser ce métier et  où on retrouve beaucoup de jeunes Togolais ».

R.A

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Commentaires

jeogo
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Bon billet; il traduit bien les difficultés que rencontrent ces jeunes.
Et bienvenue sur Mondoblog ; la famille togolaise sur la plateforme s'agrandit .
Peace !!!

Coletta
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