Les femmes portefaix dans les marchés de Lomé/ Leurs conditions de vie et de travail

Article : Les femmes portefaix dans les marchés de Lomé/ Leurs conditions de vie et de travail
Crédit:
3 octobre 2012

Les femmes portefaix dans les marchés de Lomé/ Leurs conditions de vie et de travail

          Chaque jour, Mawuto, une jeune fille de 20 ans se trimbale dans le grand  marché de Lomé pour aider les passagers ou les commerçants à transporter leurs bagages. Objectif, trouver de quoi subvenir à ses besoins. Voilà l’une des activités communément appelée « Agbanté » à laquelle nombreuses femmes et filles s’adonnent pour survivre.  Devenues  actrices indispensables dans les marchés, parce que permettant aux clients d ’acheminer leurs achats jusqu ’à la rue pour pouvoir trouver un véhicule, elles vivent dans des conditions pénibles.

en plein travail

Il est rare de se promener dans les allées du Grand Marché ou du marché Hédzranawa de Lomé sans voir des femmes ou des filles portefaix. Au milieu des étalages, des commerçants, attendent les clients, on les voit passer, presque toujours en mouvement. Dès fois dans leurs blouses d’identification, elles se faufilent entre les passants, le visage déjà ridé et sur lequel se dessine la misère, par l ’effort qu ’elles déploient à porter ces fardeaux d ’un étalage à l ’autre ou jusqu’au véhicule du client. Mais, tout ceci pour combien ? Et dans quelle condition                                                                 

Conditions de vie misérables et condition de travail déplorables

En effet, souvent venues des villages à cause des conditions de  vie déplorables, la dégradation de  l ’agriculture et  par faute de moyens pour lancer l ’agriculture et le commerce, d ’autres, sous l ’effet d’attirance  de la ville, ces femmes et ces filles viennent s ’installer sans avoir un parent à Lomé. Une fois arrivées à Lomé où elles n ’ont personne chez qui loger, elles sont laissées à la merci de la nature. Elles se jettent à l’assaut des principaux marchés où elles jouent le rôle de portefaix avec le souci de satisfaire les besoins les plus élémentaires. Mais le comble, elles n’arrivent pas à réaliser l ’économie pour satisfaire ces besoins.
Selon Dovénè, une femme portefaix d’une quarantaine d’année rencontrée au grand marché de Lomé, « le travail est pénible, mais nous ne gagnons pas grand-chose pouvant nous permettre de subvenir à nos besoins ». Avant d’ajouter avec beaucoup de peine que « par jour,  le prix des bagages varie beaucoup.  Parfois, les bagages sont fixés entre 125 et 300 F cfa selon la masse ». Afiwa, de son côté, se plaint du fait qu’en plus de la modique somme qu’elles perçoivent, elles sont aussi victimes de tricherie de la part des clients. « Des fois les clients nous trichent. Ils nous font transporter des tonnes de bagages, mais ne nous paient pas correctement. Et ça fait mal, surtout après nous avoir  traitées comme des ânes »  a-t-elle déclaré furieusement.
Mise à part le fait qu’elles déploient des efforts surhumains contre des revenus insignifiants, les portefaix se voient contraintes de supporter l ’arrogance et le manque de respect de la part de ces personnes à qui elles rendent service. « Les clients nous traitent comme des moins que rien. Ils n’hésitent pas à nous jeter des injures à la figure et nous traiter comme des voleuses après avoir porté leurs lourdes charges », dénonce Dodji, une jeune portefaix. D ’où son ras-le-bol, « Il faut que les clients aient pitié de nous et qu’ils sachent que ce travail est notre gagne-pain ». Écœurée  par cette attitude, son compagnon de misère, Josée, de renchérir, « nous n’avons que ce travail pour nous nourrir et nourrir nos familles. Car si Dieu nous avait gratifiées d ’autre chose, nous n’en serions pas là ». Poursuivant sa plainte, elle avance qu’elles  rencontrent beaucoup de difficultés dans l’exercice de ce métier.

Les dangers encourus

En dehors de leurs conditions de travail déplorable, les femmes et les filles portefaix sont très exposées aux dangers, surtout victimes de nombreux abus sexuels. Entassées dans des bidonvilles qu ’elles ont loués, on trouve parmi elles des prostituées, des voleuses. A cela s’ajoute le risque des maladies  sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA, des grossesses ou  avortements précoces, car n ’ayant pas de moyens pour supporter l ’enfant dont le père est d ’ailleurs inconnu, ce qui parfois les amène à la mort.
C’est le cas de Sogbossi, une jeune fille de 18 ans avec un enfant au dos. Elle est une portefaix au grand marché de Lomé.  Selon cette dernière, les dangers qu’elles courent sont nombreux, mais cela n’inquiète personne. Elles sont considérées comme des choses ou animaux et  on abuse aisément d’elles sans défense. « L’enfant que je porte actuellement au dos est le fruit d’abus sexuel. J’étais victime d’un viol. Chaque fois que je me souviens de ça, je souffre. Et cet enfant, que va-t-il devenir ? D’ailleurs je ne connais pas son père» a-t-elle confié avec amertume.
Pour Yawa, être prostituée, avoir un enfant sans père ou faire des avortements, est chose courante dans le milieu des filles portefaix et les maladies non plus ne manquent pas. « Je suis l’exemple. Puisque je ne gagne pas grand-chose dans le port des bagages, je l’accompagne avec la prostitution. C’est difficile à dire, mais je l’avoue, j’ai fait des avortements. Eh ! Oui, malheureusement c’est la vie que nous menons ici et c’est regrettable, mais hélas, on n’a pas le choix » déclare-t-elle.
C’est un véritable calvaire que vivent ces femmes ou filles portefaix dans nos marchés. Mais, il semble que le cri d’alarme qu’elles poussent, afin de voir leurs conditions améliorées, n’a aucun écho surtout au niveau des autorités publiques, notamment le gouvernement. Hormis le semblant de réglementation assurée par les responsables de l’Etablissement Public et Autonome Pour l’Exploitation des Marchés (EPAM), rien d’autre n’est fait pour améliorer le sort de ces braves dames. Il va falloir que des mesures adéquates soient prises pour aider ces femmes. D’où la responsabilité du ministère de la promotion de la femme. Promouvoir la femme, revient à lui garantir un travail adéquat dans des conditions satisfaisantes. Vivement que les autorités planchent sur le sort de ces dames qui se tuent chaque jour un peu plus.

 R.A

Étiquettes
Partagez

Commentaires

Clotilde
Répondre

certainly like your website however you need to check the spelling on quite a few of your posts. Several of them are rife with spelling problems and I to find it very troublesome to tell the truth however I will definitely come back again.

amedar consulting group
Répondre

Very nice post. I just stumbled upon your weblog and wanted to say that I have really enjoyed browsing your blog posts. After all I will be subscribing to your feed and I hope you write again very soon!

specjalista ds ISO 9001
Répondre

Someone essentially lend a hand to make significantly posts I'd state. This is the first time I frequented your web page and to this point? I surprised with the research you made to make this particular post incredible. Great task!