La vente à la criée / Une activité rentable, mais exposant aux dangers

Article : La vente à la criée / Une activité rentable, mais exposant aux dangers
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8 octobre 2012

La vente à la criée / Une activité rentable, mais exposant aux dangers

Aïcha, jeune fille de 18 ans, déambule chaque jour aux feux tricolores, pour vendre ses « pâtés », dans un seul souci : subvenir à ses besoins. Voila une méthode de vente que tant de femmes et jeunes filles adoptent aujourd’hui à Lomé. Mais pourquoi bon nombre de femmes, dans leur commerce, aiment la méthode de la vente ambulante malgré les difficultés rencontrées ?

Nourrir les enfants, mettre à l’aise la famille et s’entretenir, bref subvenir à ses besoins quotidiens, tel est le souci premier de chaque femme au foyer ou jeune fille qui s’adonne au commerce ou à d’autres activités lucratives. Mais afin de bien assurer ce commerce, bon nombre d’entre elles pratiquent la vente ambulante. Une méthode qui, selon les explications, leur permet de bien vendre et ainsi de faire vite couler leurs marchandises. A Lomé, cette vente est devenue monnaie courante. Un peu partout, dans les rues, on retrouve ces bonnes dames ou jeunes filles qui se promènent à longueur de journée avec des marchandises sur la tête ou dans les mains. Selon Ayaba, une revendeuse ambulante de noix de coco rencontrée dans une rue de la capitale, « c’est une vente qui avantage beaucoup. Elle nous permet de vite évacuer les marchandises. Moi, je suis les yeux de mon foyer, et donc j’ai besoin de bouger pour pouvoir subvenir aux besoins de ma famille. Mon mari ne gagne pas grande chose de son travail».

En effet, cette raison que vient de donner Ayaba de cette activité, est un constat général partagé par bon nombre de ces revendeuses. D’après Adjovi, une autre pratiquante de cette vente, « c’est la meilleure solution si on n’est pas bien assis. Nous vendons en nous promenant car si nous restons sur place, la vente ne marche pas bien. La preuve, les femmes qui sont sur place, ne vendent pas comme celles qui se promènent. Même si elles sont connues dans le quartier et ont des clients, il y a toujours une différence». « Les femmes aiment cette vente, parce que si on vend sur place, ça ne rapporte pas comme si on se déplace», a renchéri Amivi, revendeuse ambulante de boule d’« akpan » rencontrée à Bè.

Mais jouissent-elles réellement de leurs efforts ?

La réponse à cette inquiétude diffère et c’est en fonction des situations et de type de commerce qu’on mène. Pour Kankoé, «  on peut jouir des revenus et ça dépend des situations et comment on mène l’activité. Si on sait comment vendre et attirer les clients, on gagne. Moi j’arrive à bien vendre mes boules d’akpan  avant la tombée de la nuit et j’ai mes revenus qui me permettent de satisfaire ma famille. Mais dès fois aussi, le marché n’est pas clément avec nous. On peut sortir et beau se promener sans vendre grande chose ». « Il faut retenir que le type de nos produits aussi en dépend. Si on vend des choses de nourriture, on fait couler plus rapidement, surtout si on sait bien vendre, car ces nourritures sont des besoins quotidiens. Par contre si ce sont des choses non consommables, comme les vêtements, chaussures, produits de beauté et autres, c’est difficile de gagner ses bénéfices, parce qu’on n’arrive pas à les faire couler vite », a expliqué Ayoko, une autre revendeuse qui est dans ce commerce il y a 5ans.

Difficultés rencontrées dans l’exercice de ce commerce

Les femmes, surtout les jeunes filles, à part les problèmes de santé, rencontrent des difficultés qui portent dès fois atteinte à leur dignité entrainant des conséquences graves. En effet, elles sont exposées à des dangers, comme par exemple, les harcèlements sexuels, au vol voire au viol. Selon Amivi, une victime d’acte d’harcèlement sexuel et viol, « les difficultés qu’on rencontre sont nombreuses. Dès fois, quand on se promène comme ça, on nous harcèle voire nous viole». « Moi, j’en ai été victime. Un jour on m’a violé comme ça. C’était un maçon qui m’appelait souvent pour acheter des boules d’akpan mais chaque fois me harcelait, et un jour comme il en avait marre, il m’a violé et j’étais sans défense puisque c’est dans une maison en construction», nous a-t-elle confié en larmes.

Les conséquences de ces actes qu’elles subissent sont nombreuses. Dans la plupart des cas, ce sont des grossesses indésirées et avec des enfants sans pères ou c’est la contamination des MST et le VIH/SIDA qu’elles ramassent, ce qui rend encore plus pénible leurs conditions de vie. « Ce bébé que vous me voyez porter est le fruit d’un viol. Le gars qui m’a fait ça a disparu et je me retrouve avec cet enfant sans père. Ça me fait mal parce que maintenant, je dois me débrouiller plus pour le nourrir. », a déclare Ayaba, une revendeuse précitée. Aimée, une autre croisée à Tokoin Ramco, nous a confié qu’elle est actuellement malade et a même demandé d’aide pour son état. « Je suis séropositive. » a-t-elle laissé entendre.

Ces femmes ou jeunes filles, sont dans le souci de subvenir à leurs besoins, et c’est pour cela qu’elles se battent chaque jour en pratiquant la vente ambulante. Il faut les respecter. Certes, on doit chercher de l’argent en travaillant. Pratiquer une vente ambulante est l’une des méthodes pour bien vendre, mais il faut que nos femmes et nos jeunes filles aussi soient très vigilantes afin d’éviter les dangers qui les guettent.

R.A

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Omega
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