Rentrée universitaire au Togo / Les troubles en perspective sur les campus

Article : Rentrée universitaire au Togo / Les troubles en perspective sur les campus
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24 novembre 2012

Rentrée universitaire au Togo / Les troubles en perspective sur les campus

Entrée principale de l’université de Lomé

Le 05 novembre dernier, les étudiants des deux universités du Togo ont repris le chemin des amphis. Mais, les conditions d’étude des étudiants togolais ne sont toujours pas améliorées, malgré l’accord des 12 et 13 janvier 2012 qui a permis de ramener un semblant de calme sur les deux universités. Les mêmes difficultés rencontrées chaque année par ces derniers, entre autres problèmes d’inscription, de logement, de bourse, de tranche, de salle d’étude, de restauration…sont  toujours récurrents sur les campus. Cette année, avec le nombre pléthorique des nouveaux bacheliers (50%) venus dans le système LMD, la situation tend à être plus difficile. L’épée de Damoclès plane toujours sur les premiers responsables de l’enseignement supérieur.

Les universités du Togo vont-elles connaître encore des troubles cette année ? La question doit interpeler les uns et les autres, car la réponse pourrait probablement être un « Oui », d’autant plus que les situations sur les deux universités du Togo ne toujours pas améliorés. Cette année, cela pourrait encore être pire à cause du nombre pléthorique des nouveaux bacheliers venus s’ajouter à ceux qui y sont déjà.

En effet, le Togo a enregistré l’année dernière un taux de réussite au baccalauréat qui frôle les 50%. Ce fort taux de réussite n’est pas sans conséquences sur les structures d’accueil des étudiants qui croupissent déjà dans des conditions d’étude déplorable, source de nombreuses revendications des mouvements estudiantins, soldées généralement par des troubles répétitifs sur les campus, entrainant la fermeture des universités, surtout de Lomé, et le bouleversement du calendrier des programmes de l’année ces dernières années.

Avec ce taux des nouveaux bacheliers,  la situation dans les amphis, les cités universitaires, les restaurants  déjà débordés par la forte demande des apprenants sera encore pire. Pour un amphi prévu, par exemple, pour accueillir 1000 étudiants, il faudra compter avec le double ou le triple de cet effectif. Les étudiants sont obligés de se présenter à 4h du matin pour espérer avoir accès à une place afin de suivre un cours prévu à 7h. En dehors de ces problèmes de structures d’accueil, il est à souligner aussi ceux de bourse, d’allocations et de bus, sujets sensibles des étudiants mais qui sont difficilement honorés par le gouvernement. Même si certains efforts ont été notés au niveau des autorités suite à l’accord avec les étudiants, entre autres l’augmentation des tranches à 30000F CFA, l’inscription ramenée à 5000F avec achat de crédit à 250F par semestre, réduction du prix de restauration à 350F, le nombre des bus de transport augmenté de 10… les problèmes persistent toujours.

La plupart des revendications des étudiants consignées dans ledit accord n’est pas traduite dans les faits. Le wifi sur les campus, la construction de forage, le paiement des allocations, de bourse sont partiellement mis en œuvre. Et à chaque fois les étudiants sont obligés de sortir dans la rue ou d’organiser des sit-in devant la direction des bourses et stages (DBS) ou de séquestrer le personnel avant de se faire entendre.  A tout cela, s’ajoute le problème de classification des diplômes LMD, qui met l’étudiant dans l’incertitude totale quant au sort réservé à son diplôme à la sortie du campus. Hormis la classification du diplôme LMD en catégorie A2 intervenue récemment, les étudiants ne sont pas jusqu’à présent situés sur la vraie qualification de leurs diplômes. Ce qui fait croire à bon nombre d’entre eux qu’il est fort probable qu’ils sortent des universités avec les anciens diplômes.

Tous ces problèmes antérieurs qui persistent ne présagent pas une bonne nouvelle année 2012-2013.  Les troubles sur les deux universités en perspective planent dans l’air. Surtout avec l’arrestation des trois nouveaux étudiants de l’université de Kara ce 21 novembre pour distribution de tracts, en plus déjà de l’exclusion de 26 étudiants, entrainant la création du Collectif « Sauvons les étudiants ». Ce collectif qui appelle d’hors et déjà à la mobilisation dès la rentrée pour exiger la réintégration des exclus. Des actions qui ont aussi écho favorable à Lomé. Même si dans les rangs du MEET (Mouvement pour l’émancipation de l’étudiant togolais), le dialogue est privilégié, les responsables n’abandonnent pas la stratégie des mouvements de rue pour exiger la réintégration de ces responsables estudiantins et la libération des trois nouveaux qu’on vient d’arrêter.

Le gouvernement, surtout le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’Octave Nicoué Broohm, est interpelé sur la gestion de ces multiples revendications des étudiants pour ne pas laisser encore la situation dégénérer sur les universités cette année. Avec l’aide de 459 millions de FCFA (700.000 Euros) octroyée au Togo par la France à cette rentrée universitaire 2012-2013, dans le cadre de son Projet d’Appui à la Gouvernance et la Réforme du Système d’Enseignement Supérieur Togolais (AGREST), le ministère est appelé à prendre au sérieux les conditions des étudiants. Les troubles répétitifs sur les universités affectent gravement la sérénité de l’année universitaire.

R.A

 

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